I.V.G.

Si l’I.V.G. (interruption volontaire de grossesse) a libéré la femme, l’I.V.G. (interruption volontaire de gras donc de gastronomie) l’a aliénée.

Parlons tout d’abord libération grâce à cette loi. Une femme n’est plus l’esclave de son ventre, elle n’est plus juste bonne qu’à faire la cuisine, le ménage et la vaisselle.

Elle n’est plus une « pute » si elle trompe son mari mais une femme libérée qui mange pour son plaisir, fait l’amour quand elle en a envie et adhère parfois à la célèbre association Ni putes, ni soumises.

Elle n’a plus besoin d’être une féministemilitante, L’I.V.G. l’a émancipée

MIl n’est pas étonnant que l’extrême-droite soit contre.

Et son slogan : « Laissez-les vivre », est une absurdité.

Le fœtus n’est qu’un potentiel de vie, une matière en gestation et en aucun cas un être vivant.

Parlons à présent de ce qui aliène la femme : l’interruption volontaire de gras, de gastronomie.

C’est une croisade rétrograde qui arrange les industriels de l’agroalimentaire et de la grande distribution, c’est de la pub marketing et du conditionnement.

Cela donne les mannequins anorexiques et nos enfants les imitent.

Ceux de la pub ont compris qu’en conditionnant madame, en lui faisant croire que son image n’est positive que si sa silhouette est svelte, que le look à la Renoir ou à la Rubens était à remiser dans un passé décadent, allant jusqu’à pousser le paradoxe en prônant la taille de guêpe, les jambes filiformes tout en vantant la silicone pour gonfler les seins, on oublie l’essentiel et on préconise le dérisoire, le superficiel, et le bidon : voilà bien l’image de la communication actuelle.

Voilà le drame d’une certaine nourriture qui aliène au lieu de libérer.

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

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Déconstruction

Qui dit déconstruction pense forcément à Jacques Derrida. Mon propos ici n’est pas de m’aventurer à un essai de déconstruction derridien. J’en serais bien incapable, même si ce philosophe prétend que déconstruire, « c’est la possibilité de l’impossible » en s’intéressant aux marges.

Tenons-nous en à son affirmation : « La déconstruction, c’est l’art de découper et de redécouper. » Nous verrons un peu plus loin en quoi cela correspond particulièrement à l’univers de la cuisine.

Regardons d’abord le monde qui nous entoure, parlons peinture où le figuratif a fait florès, remplacé par une abstraite déconstruction. Même phénomène en musique : la mélodie est morte dans le classique avec Boulez et consorts, et dans le jazz avec Ornette Coleman et ses disciples. En littérature, le nouveau roman a conchié le narratif, la poésie a oublié les rimes et les vers sont devenus libres, et dans les années ’60, les philosophes ont annoncé après Nietzsche la mort de la métaphysique et ont créé, à l’image de Derrida, le déstructuré. Je pourrais multiplier les exemples à l’infini.

Revenons à la cuisine. Déconstruire la cuisine pour la reconstruire différemment, ce n’est pas faire table rase du passé et au nom d’une mode « moléculaire », la jouer Précieuse ridicule et carte du Tendre alors que c’est Molière qui s’inscrit dans la durée, dans la vérité. Non. Déconstruire la cuisine, c’est partir d’un classique, analyser les ingrédients qui le composent, se servir de ces mêmes ingrédients et réinventer une recette qui aura, d’une certaine façon, le goût d’hier avec la sensibilité d’aujourd’hui. Déconstruire, la cuisine, c’est comme chez Derrida reconstruire la vraie partition du grand cuisinier, c’est analyser, étudier et comprendre hier pour inventer demain.

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

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Université populaire

L’Université populaire du goût restera pour moi une merveilleuse aventure liée une fois pour toutes à Argentan.

Pourtant, l’arrivée à Argentan n’est pas d’une folle gaieté. On se retrouve dans un univers meurtri, maculé, torturé par la crise d’une société néolibérale qui ne connaît que le profit et maltraite le local après l’avoir exploité jusqu’à la corde.

Mais je me suis pris d’amour pour cette ville perdue au cœur de l’Orne.

Pierrot, le maire, est un homme épatant. Socialiste orthodoxe, il fit campagne pour Ségolène et est attentif à tous, principalement à ceux qui souffrent le plus.

Et puis il y a Arnaud Viel, cuisinier au cœur d’or bourré de talent qui se bat pour essayer d’avoir de l’imagination à petit prix dans une région où les sérieuses additions entraînent inexorablement une faillite. Il pourrait faire fortune à Paris, être à l’aise à Caen, il a choisi de rester à Argentan. Il a de l’apostolat dans sa décision.

Et puis, bien sûr, il y a les sept cents personnes du cru qui venaient sagement à la salle des fêtes municipale suivre les cours gratuits que donnaient les grands chefs qui m’avaient suivi : Jean-François Piège, Didier Eléna, Eric Frechon, Jacques Thorel et Michel Roth, autant de stars qui inventaient des recettes simplissimes à la portée de tous pour ennoblir les légumes oubliés cultivés, pour certains, dans un jardin style ouvrier qui servit à réinsérer les maltraités de la crise, les exclus du système.

C’est cette année de bonheur qui me fit prendre la décision de ne pas me limiter ni m’arrêter à Argentan où j’ai, par chefs interposés, fait pousser une petite graine, mais d’aller dans toutes les régions de France pour que vive « la grande cuisine pour tous ».

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

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Jésus

Le seul jésus qui mérite que l’on se damne pour lui est celui de Lyon, exceptionnel saucisson du monde.

Ceux qui prétendent qu’après tout le jésus n’est qu’un gros saucisson n’ont à mon sens pas tout compris.

Le jésus est beaucoup plus qu’un saucisson, c’est du plaisir à l’état pur.

La meilleure façon de le consommer est sûrement avec un morceau de beurre cru et du pain façon campagne, avec une croûte épaisse et une mie formidablement alvéolée.

Parfois, pour changer, je l’enferme entre deux tranches de pain de mie et je le joue croque-monsieur sans fromage : pas mal, vous pouvez essayer.

Le Franc-Comtois Jean-Paul Jeunet le fait cuire et le sert chaud, après tout pourquoi pas.

Il est cependant une rareté aujourd’hui disparue, le judru morvandiau qua Marcel Rouff intégrait dans son pot-au-feu à la Dodin Bouffant !

Ce faux jésus nous la joue rustique, carrément paysan, il fait partie des chefs-d’œuvre plus qu’ne péril.

Il faut dire que le vrai saucisson est de plus en plus une rareté.

Ne parlons pas des produits industriels et là encore, traquons le vrai produit artisanal pendant qu’il en est encore temps.

Un bon jésus se mérite et mérite qu’on passe du temps à le trouver.

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

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Fillettes

Se taper une fillette en mangeant un cul, vous croyez au fantasme ? Que nenni ! Je ne suis pas devenu pervers (du moins, pas complètement), je ne fais pas la sortie des écoles maternelles et à mon grand désarroi, je suis normal, marié et sans intérêt majeur pour Freud, Lacan et leurs disciples.

Et pourtant, en tout bien tout honneur, plusieurs fois par an, à Angers, j’honore le cul d’un veau au travers d’un plat célèbre cuisiné à l’angevine, voire à la nantaise.

Quand à la fillette, elle contient 50 cl de mon muscadet ou de mon rouge d’Anjou préféré.

Beaucoup de régions ont leur petite bouteille de bistrot : ici c’est la fillette, à Lyon et dans sa région, c’est le pot, qui a à peu près la même contenance. Il a un cul très costaud pour cause de stabilité et se pare d’un élastique de couleur pour identifier le vin, souvent rouge pour le beaujolais et bleu pour le côtes-du-rhône.

Il remonte à l’époque où le patron de bistrot achetait son vin en pièces et le mettait lui-même en bouteille.

« Patron, un pot de côtes », entendait-on dans les célèbres bouchons lyonnais. Et jadis, les bistrots vendaient les pots au mètre avec des encoches sur les tables pour faciliter le calibrage. « Patron 50 cm de pot » : on croit rêver, surtout qu’à cette époque, fin du XIXe siècle début XXe, le patron avait son verre à chaque table et trinquait, généreusement, jusqu’à plus soif et sans modération.

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

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Crétyques

La lecture de Libération vaut parfois, comme on dit à Lyon, son pesant de grattons.

Dans le numéro daté du 31 décembre 2008, sous le titre : « 2008, la paupérisation généralisée » ; Michel Onfray écrivait : « Pendant ce temps, il se vend sans discontinuer des montres qui correspondent à cinq années d’un SMIC net, il se facture des nuits d’hôtels équivalant à une demi-année de SMIC ou des chaussures trustées pour presque deux salaires mensuels… Et pas seulement aux résidents du Qatar »

J’ai beaucoup d’affection pour Michel qui, si l’on interprète ses écrits et qu’on observe son comportement, semble en manque.

Pourtant, là, il pousse le bouchon un peu loin.

Pourquoi attaquer les montres artisanales qui font vivre de vrais professionnels de l’horlogerie, des travailleurs manuels avec un savoir faire-faire unique qu’il serait dommage de perdre ? Pour fabriquer certaines montres, il faut plusieurs semaines, voire plusieurs mois de travail.

Plutôt que de s’attaquer à ce patrimoine à sauvegarder, il aurait mieux fait de s’en prendre à certains marchands d’armes qui, eux, exploitent les guerres et ont donc symboliquement du sang sur les mains.

Les chaussures sur mesure, la belle affaire ! Là encore, le combat est absurde, elles sont le fait de vrais artisans qui restent dans la grande tradition des cordonniers hors pairs et qui font, eux aussi, la gloire de l’artisanat.

Quant aux palaces qu’il critique, oublions l’image touristique de la France qu’ils défendent et permettez-moi d’être surpris que l’ami Michel les cloue au pilori, lui qui fréquentait assidûment avec moi ce type d’établissements, du Crillon au Bristol, ne négligeant pas de tremper ses lèvres dans un verre de château d’Yquem auquel d’ailleurs il a consacré un ouvrage remarquable.

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

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Chapel

C’était dans les années ’70, je m’en souviens comme si c’était hier, je n’avais pas encore créé mon guide de restaurants, j’étais simple consommateur formé au bon goût d’une famille formidablement lyonnaise.

Je m’en souviens comme si c’était hier.

Mon repas : gâteau de foies blonds à la Lucien Tendret, grenouilles sautées comme en Dombes, poularde en vessie sauce Albufera, bugnes lyonnaises, tarte à la praline et glace vanille, bien sûr turbinée minute.

Encore aujourd’hui, en écrivant, toutes les saveurs me reviennent.

Pourtant, c’était il y a presque quarante ans.

J’ai bien quelquefois été bluffé par la cuisine spectacle de Bocuse, avec sa soupe aux truffes, son loup en croûte et son chariot de dessert.

Mais ici, chez la « Mère Charles » du papa, ancien bistrot devenu restaurant et aujourd’hui restaurant Alain Chapel, c’était un tout autre registre, celui de la vérité, de l’authenticité, de l’émotion pure, de la générosité, du sublime.

Autant de valeurs qui sont sûrement d’un autre temps et qui on fait que celui que le considère comme le plus grand cuisinier du XXe siècle n’a pas été reconnu à sa juste valeur.

Après tout, l’émotion qui m’envahit en pensant à tous les repas pris chez lui, à nos discussions dans son bar fumoir, Double Corona aux lèvres et bâtard de chez Ramonet à portée, toutes mes émotions sont encore plus fortes et égoïstement, je pense qu’elles ne sont qu’à moi.

Quand on aime, on n’est pas un partageux.

Et ce goût pur de la cuisine de Chapel, dont encore le souvenir m’est si présent, il n’est qu’à moi, et c’est bien.

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

 

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Eau

L’eau c’est la vie, aussi. C’est le ciment qui construit le beau et le bon.

C’est la romanée-conti constituée essentiellement d’eau, et qu’est-ce que c’est bon !

 Ma copine, c’est celle du robinet et je vous assure qu’à Saint-Cloud, elle est au top.

Elle me permet de faire face à tous mes excès de table et de libation – et ils sont fréquents.

Avec  le métier que je fais, il faut manger bon et boire bon sans modération mais avec raison.

Et l’on voudrait que mon eau devienne minérale, quel vilain nom ! Que je porte des kilos et des kilos de bouteilles en plastiques, que mes droits d’auteurs coulent résolument de ma poche ? Non, je ne boirai plus de cette eau-là. Je ne tomberai plus dans le piège de la pub. Car l’eau minérale matraque à la télé : il y a celle qui vous suggère de boire pour éliminer, buvez et pissez, une autre prétend vous faire fondre alors que les scientifiques viennent de démontrer qu’en aucun cas l’eau fait maigrir.

Pour Certains, boire fait digérer. Grâce à l’eau, buvons et rotons. Plutôt sympathique, non ? Il y a celle qui la joue mystère biblique, quasiment alchimiste, pas de pot, je suis athée matérialiste.

Alors, pour résumer, sans eau minérales, j’élimine normalement, plutôt même très bien dixit mon médecin attitré, je surveille mon poids et sans me ruiner, je bois même de l’eau à ma soif et presque par plaisir.

Il est un temps où l’eau minérale était vendue en pharmacie, voire vendue au verre dans les villes de cure.

Quel chemin parcouru en un peu plus d’un siècle !

Dans ce siècle marketisé marketing, tout est bon pour faire consommer le vulgum pecus puisque ça profite aux multinationales.

Au fait, plus d’un milliard de personnes n’ont pas accès à l’eau potable, et l’eau polluée qu’elles sont obligées de consommer entraine plusieurs milliers de décès chaque jour.

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

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Chroniqueur

Le chroniqueur gastronomique est-il un pique-assiette qui se fait inviter à veux-tu en voilà par des restaurateurs terrifiés par le pouvoir qu’il se donne ?

Le débat revient en permanence sur le tapis alors que le grand public, le cochon de payeur comme ils disent, s’en fout comme de sa première couche-culotte.

Voyons plutôt comment se comportent ces joyeux mangeurs professionnels.

Il y a celui qui, fort de sa chronique dans un grand hebdo, se fait rincer la gueule avec toute sa famille pour les fêtes, les anniversaires, ou avec les copines ou quand il est pris d’envies soudaines et qui, certes, demande l’addition mais flingue celui qui le fait payer.

Tel autre, qui sévit dans un grand quotidien et dont la seule préoccupation est de trouver quatorze tables pour l’accueillir tous les jours de la semaine alors qu’il sait pertinemment qu’il ne parlera, dans le meilleur des cas, que de deux ou trois.

Et ne parlons pas des cohortes de pigiste dans la presse de tout poil qui n’y connaissent strictement rien mais mangent avec avidité, approvisionnés en tables par des attachées de presse peu scrupuleuses qui confondent quantité et qualité.

Il y a des encore plus malins qui vont faire leur marché dans les cuisines des palaces pour grappiller gratuitement quelques truffes, une centaine de grammes de caviar, une poularde ou un homard, avant de recevoir chez eux et de se faire passer pour des amphitryons.

A côté de cela, la profession de cuisinier est pratiquement la seule à bénéficier d’une promotion quasiment gratuite dans la grande presse alors que les couteliers, les ébénistes, les ferronniers…, tous ces meilleurs ouvriers de France, vivent chichement. Personne n’en parle alors qu’ils méritent tout autant.

Il faut dire que c’est une profession qui nourrit sa femme et son homme, ceci explique peut-être cela.

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

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Bio

Le bio est à la mode, par ici la bonne soupe. « Je suis bio » dit le paysan, qui du coup fait le paon et se donne des lettres de noblesse.

Le bio fait vendre, se régalent les marchands du temple, et on y va gaiement dans les allées des supermarchés en margeant généreusement. Mais le public est-il vraiment informé sur le bio ? J’en doute. Le bio n’est ni plu ni moins qu’un mode de production, en aucun cas un signe de qualité. Toute l’ambiguïté vient de là : s’il y a quelques produits bio exceptionnels, la grande majorité est très quelconque et un nombre relativement important carrément dégueulasse. Eh oui ! il y a aussi de la merde biologique.

Là où ça se gâte, c’est que, sous prétexte que c’est bio, le plus souvent, c’est beaucoup plus cher. Il suffit de fréquenter le marché bio du boulevard Raspail parisien et l’on comprend très vite. Le public hésite entre babas cool post-soixante-huitards attardés, bobos pur jus et membres de la secte « Dieu est une abeille, adorons sa royale gelée ».

Je vois dans cette mode du bio une conséquence de notre siècle en errance, où tout va trop vite. Retrouver les racines de notre agriculture d’hier, c’est comme retrouver les bons plats de maman, de grand-maman, voire d’arrière-grand-maman. C’est une manière de se rassurer, d’avoir l’impression de maîtriser un destin qui nous échappe, nous angoisse et nous aliène. Mais au fait, vous êtes-vous posé la question ? Quand le paysan affirme : « Mon champ est cultivé bio », il fait fi de ses voisins qui, eux, ne le sont pas, et se veut le maître du vent et des intempéries. Quand je vous disais qu’on est proche parfois de la secte, voire de l’escroquerie !

(Extrait de « Mes Mots gourmands » de Marc de Champérard – Edition PUF)

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